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HAPPY NEW YEAR
Wednesday, December 31, 2003 10:02 a.m.


impatient de sabler le champagne, inquiet de rater la seconde fatidique, ce site permet de décompter le temps restant avant la fin de l'année : à l'heure où j'écris, il reste - à Bruxelles - 13 h 54' 35" non, 34" non, 33" non, 32"... secondes avant la fin de l'annéé 2003... il n'empêche que 13 h 52' (déjà) à patienter semble une lourde épreuve... mais il y a tellement de choses à faire pour clôturer dignement l'année que ces 13 heures passeront comme une bouchée de pain.

happy new year présente ici quelques coutumes et origines de la fête du nouvel an : les Babyloniens mettaient 11 jours pour fêter le nouvel an (à la nouvelle lune, à l'équinoxe du printemps). En 153 avant J.C., le sénat romain fixa au 1er janvier les fêtes du nouvel an...mais en 567, le Concile de Tours revint au printemps : le nouvel an aurait lieu à l'équinoxe du printemps, en mars... disposition qui fut abolie avec l'application du calendrier grégorien en 1582.

Les festivités du nouvel an, paiennes, n'étaient pas en odeur de sainteté, même si le christianisme célébrait comme un jour férié l'anniversaire de la circoncision du Christ (le 6 janvier si je me souviens)


rasoir républicain
Tuesday, December 16, 2003 02:19 p.m.


Des législateurs, bien intentionnés mais hexagonalement bornés, voudraient interdire, à l’école comme dans les lieux symboliques de la laïcité, les signes ostentatoires religieux, politiques et philosophiques… le fameux voile est dans le collimateur, mais pour faire bonne mesure non discriminatoire et non sexiste, nous pourrions interdire un peu près tout et n’importe quoi – le T-shirt guévariste ou la basket Nike capitaliste - et particulièrement la barbe : oui, la barbe ! Pas seulement au collège, mais partout où elle se montre, dans l’espace public républicain, la barbe est une provocation.

C’est pas anodin une barbe. Qu’est-ce qu’une barbe dissimule ? Sous la barbe, il y a la bouche, celle du prophète, et sous le prophète, du religieux.

Interdisons donc les pillosités masculines au collège ! les tenant-e-s de l’égalité sexuelle seront d’ailleurs satisfait-e-s : les mâles seront ainsi (symboliquement) castrés à la mesure de la libération des femmes dévoilées.

Car une barbe, ce n’est pas seulement un signifiant religieux ( pas seulement islamique, Moise n’était-il pas barbu ? et Jésus de Nazareth ??? ) c’est un symbole dangereux pour une démocratie républicaine qui se doit d’être aussi glabre que les mentons aftershave de Bush et de Blair. La barbe c’est la subversion naissante sur les joues de nos enfants. Il y a du barbare dans la barbe et ne laissons par la barbarie submerger l’Europe. C’est pourquoi dans une république laïque et libérale, il importe de dégommer tout signe ostentatoire et provoquant, d’une quelconque sympathie barbiste.

Cela ne concerne pas que les adeptes du prophète, mais aussi tout barbu même athée, car la barbe dénote, inconsciemment même, une tendance subversive : elle dissimule et révèle à la fois. Typique de ceux qui dénoncent l’ordre établi et annoncent la rédemption de l’humanité, comme ces philosophes et idéologues barbus qui portent la barbe par sympathie marxiste, bakouniniste, léniniste, trostkyste, freudiste, guévariste, castriste, ho-chi-minhiste, lumumbiste, machéliste, lulliste, et … haddockiste, mille sabords !

rasons, épilons....


barbus
Tuesday, December 16, 2003 02:11 p.m.


Barbants barbus…

Image « choc » d’un tyran déchu… extirpé de sa tanière, la terreur du proche-orient n’est plus qu’un vieillard traqué, docile, mais prisonnier encore de sa mégalomanie de « président irakien ». Sans doute ne se rendait-il pas compte du cours de l’Histoire et qu’il se voyait encore en position de « négocier », en chef d’Etat avec ses vainqueurs. Celui qui, par deux fois, a mené des guerres ignobles, était incapable, à ce moment, de s’imaginer que – avec l’intervention anglo-américaine – la force des armes prévalait sur la souveraineté d’une nation, fut-elle asservie sous une implacable dictature. Ne pleurons pas sur cette déchéance : des tyrannicides peuvent être légitimes, même si la guerre menée sous des prétextes fallacieux par la coalition violait le droit international et s’avère, encore, lourde des dangers, tant la boîte de Pandore ouverte recèle des menaces mal évaluées.

Le devenir du despote m’importe peu : qu’il soit jugé, selon le droit international, est une nécessité… ce qui me frappe plus est la mise en scène de son arrestation et de la conférence de presse qui l’annonce. Sans doute les américains voulaient simplement prouver à l’opinion publique que l’homme arrêté était bien Saddam Hussein, mais la représentation de l’homme soumis à un prélèvement médical crée un malaise, surtout lorsqu’on voit la réaction houleuse des journalistes, criant de joie ou de haine : la conférence de presse fait place aux « minutes de haine », décrites par Orwell dans 1984…

Selon les physiognomistes, la moustache serait un indice d’autoritarisme – voyez le nombre d’adjudants et de policiers moustachus - et les figures historiques de dictateurs pourraient confirmer ce pronostic : A. Hitler ne serait plus lui sans le petit carré chaplinesque (Charlot est, quant à lui, un contre-exemple), Staline n’existerait plus sans son ornement pileux ; et… ne parlons pas de Pinochet et de quelques autres… Stéréotype pour stéréotype, le monde fourmille de contre-exemples de moustachus libérateurs ou à tout le moins pas ou peu despotes : Astérix, par exemple… il n’empêche que les moustaches de Saddam devenaient un véritable logo. Même si l’on peut considérer cette pilosité comme coutumière dans la région, nul n’aura manqué de remarquer le mimétisme des dignitaires du régime, tous moustachus. Pour un peu, l’Irak devenait la Bordurie, par les moustaches de Pleksy-Gladz !

Aux moustaches, indice de virilité triomphante (Mussolini a raté son image), s’oppose la barbe : indice de vieillesse, donc de sagesse paternelle. Un chef d’Etat barbu ne peut être qu’un sage, un père, un père-Noël ou un saint Nicolas, où à tout le moins, lorsque la barbe se fait barbichette, un savant rusé …les belles figures de la dictature du prolétariat sont barbus : Marx, Lénine, Trotsky… peut importe si les deux derniers se aussi révèlent redoutables… peut importe si le père-Noël peut devenir Barbe-bleue. Ainsi la barbe reste auréolée de sainteté politique jusqu’au jour où un certain Ben Laden fait la une des medias.

La barbe prophétique serait une obligation pour le musulman, … mais Ben Laden est le maître à penser d’une horde de Hashishins qui tuent au nom de la barbe du prophète. C’est l’ennemi insaisissable et l’incarnation, pour l’Occident, du mal absolu, tapi dans une caverne au cœur de l’Orient inexploré et pourtant omniprésent par medias interposés. C’est le Dr Mabuse du 21e siècle, quasiment un personnage de fiction, presque une image de synthèse. Orwell pourrait réadapter son roman « 1984 », son Emmanuel Goldstein, opposant clandestin - mais fictif - à l’Angsoc, serait aujourd’hui musulman et … barbu : Ben Laden fait l’affaire.

La représentation de Saddam Hussein en barbu hirsute, émergeant d’une caverne, n’est pas fortuite : elle relève, je crois d’une stratégie médiatique bien pensée : le barbu Hussein nous renvoie à la figure du fanatique de l’Islam, à Ben Laden. Pas étonnant que Bush rappelle que la guerre irakienne n’est qu’une bataille dans la lutte mondiale contre le « terrorisme »… dans l’icône de Hussein barbu, c’est l’ennemi futur qui est désigné, et que l’on voue au même sort que le tyran d’Irak… Ben Laden, bien sûr… mais au-delà de Ben Laden, quelque autre barbu pourrait être dans le collimateur des USA. Vous l’avez deviné : c’est « l’infidèle » Fidel…


chants révolutionnaires chinois
Vendredi, 24-10- 2003 01:12 p.m.


chanter la révolution.

Parce qu'elle est un langage universel, parce que qu'elle s'adresse plus à l'émotion qu'à la raison, la musique est probablement l'un des instruments de propagande les plus efficaces. La musique séduit... on se laisse aisément entraîner, au pas cadencé, par l'enthousiasme de ces choeurs. Avouons que "l'orient rouge" est, à mes yeux, un des hymnes nationaux les plus réussis, mais si nous prenons soin de lire les paroles, on ne peut que constater la pauvreté d'un texte totalement dédié à l'adoration quasi mystique du "Timonier" et du Parti... La séduction du maoisme doit beaucoup à la mise en scène artistique de la révolution culturelle.

Ce n'était pas seulement le déferlement destructeur de masses fanatisées, d'une jeunesse embrigadée dans les "gardes rouges", mais aussi une scénographie à l'échelle de 700.000 millions (à l'époque) de chinois : tout ce qui était produit au nom de la révolution culturelle et exporté en occident ne devait rien à la spontanéité des masses, ni à la ferveur révolutionnaire des individus mais à une savante mise en scène orchestrée par le parti : défilés de masse, spectacles chorégraphiques, photographies composées, peintures soigneusement codifiées, tout concourrait à faire de la politique chinoise un ballet aux entrechats savants que les sinologues étaient bien en peine de décoder - une correspondance implicite s'esquissait entre les luttes "entre deux lignes" et les débats publics (qui n'avaient rien d'un diner de gala) et les luttes internes aux sphères du pouvoir - et ceux dont la lucidité les poussait à se méfier des discours maoistes se trouvait en butte à l'obstination des révolutionnaires-de-salon occidentaux, aveugles à la face obscure de la Révolution.


octobre
Wednesday, October 1, 2003 01:18 p.m.


Octobre résonne dans la mémoire collective... 1917, sonnait le glas de la bourgeoisie, ouvrait l'ère d'une espérance nouvelle, annonçait la libération du prolétariat... l'imagerie révolutionnaire était faite de vacarme, de tonnerre et de fureur, on agitait les drapeaux, on brandissait les armes, on donnait l'assaut sur le palais d'Hiver... l'Histoire donnait libre cours à la jouissance orgamisque d'un bouleversement sans précédent... sans précédent ? Pas vraiment, en écho lointain, se profilait le 1789 et son iconographie d'épinal : la prise de la bastille, l'allégresse des paysans, mais aussi la terreur, les massacres, les guillotinages de masse. 1917 ouvrait, lui aussi, une ère de terreur au point que, 86 ans après on ne se souvient plus du communisme que comme une accumulation démentielle de crimes et de violences d'Etat.

Mais la violence d'Etat n'est pas le fait du seul communisme, et ce dernier ne se résume pas à cette dictature totalitaire que l'on jeta, en 1991, dans les oubliettes d'une Histoire devenue chaotique. En fait, la violence est inhérente à l'Etat, elle est inhérente à la souveraineté qui, du prince ou du peuple, affirme et revendique bien haut le monopole de la force. L'Etat ne peut être que terrifiant, que son pouvoir s'exerce pas la séduction, la ruse ou par la brutalité d'une répression policière. Si la république revêt des gants de velours, elle n'en montre pas moins les crocs lorsqu'il exerce sa puissance sur les peuples soumis des colonies. L'histoire coloniale jette à cet égard une lumière crue sur nos "humanismes" : déportations, massacres, génocides, famines, pillages, esclavage, travaux forcés, tortures... rien qui n'égale ou ne dépasse pas les goulags staliniens.

Les temps coloniaux sont oubliés au point que l'on cherche, en un révisionnisme historique douteux, de réhabiliter oeuvre civilisatrice des conquérants, tablant pour ce faire sur l'échec ou les dérives des Etats nouvellement indépendants. C'est faire fi des séquelles, c'est faire fi des dominations postcoloniales. On ne donne plus de la canonnière, on ne brandit plus les fouets (quoique l'on format naguère et on forme encore sans doute, les policiers et les militaires du tiers-monde à la répression antisubversive) mais on n'hésite pas à bombarder, à destabiliser ou à envahir dès qu'un Etat s'écarte des normes de la bonne gouvernance démocratique-libérale. La violence du capitalisme mondialisé est à la fois plus sournoise et plus implacable : c'est sur les esprits qu'elle s'exerce, par le biais de la médiatisation planétaire de ses valeurs, par le biais d'une assuétude savamment organisée, par le biais de contraintes économiques et sociales relayées par les élites locales... quoi que l'on veuille, la résistance, ou l'autonomie politique des peuples, passe par la rationalité instrumentale de l'Etat, modèle importé d'Occident, dont la souveraineté serait garant de la liberté. Mais cette rationalité n'est pas pensable sans l'intégration économique et l'acceptation de la modernité, et donc, l'insertion dans l'économie marchande globale... tel président, Brésilien en l'occurrence, a beau être issu du peuple et de la classe ouvrière, il a beau avoir été porté par les paysans pauvres ou les ouvriers des bidonvilles, il a beau représenter un espoir de changement, il n'empêche qu'il se voit contraint d'adopter un profil bas, ou réaliste, devant les exigences des multinationales de l'agro business. Lula n'est pas Bové, inversément, Bové ne sera jamais un Lula.

Octobre était un mouvement de libération, une émancipation destructrice qui se renversa en son contraire : la révolution promet la liberté, et apporte nouvelles formes de domination... et c'est bien cela que nous voulons : une domination implacable du peuple sur ses maîtres, une dictature du prolétariat qui jette, sans rémission aucune, à bas le pouvoir des maîtres du monde.

Tout reste à espérer, Tout reste à rêver, Tout reste à faire ...